GUCCIO DI MANNAIA


GUCCIO DI MANNAIA
GUCCIO DI MANNAIA

GUCCIO DI MANNAIA (actif entre 1288 env. et 1320 env.)

GUCCIVS MANAIE DE SENIS FECIT NICCHO[L]AUS PAPA QVARTVS: «Guccio di Mannaia de Sienne [m’ (ou: l’)] a fait [au temps de] Nicolas IV pape [qui m’ (ou: l’) a fondé].» Telle est en effet l’interprétation la plus plausible de l’inscription qui court, en caractères serrés, sur un listel émaillé autour de la tige du calice célèbre, conservé depuis l’origine au trésor de la basilique Saint-François d’Assise. On s’accorde ainsi avec la lecture qu’en donna Beda Kleinschmidt, Die Basilika s. Francesco in Assisi (vol. I, 1915; vol. II, 1921), ou celle de I. Macchetti, Orafi senesi (1929).

Les documents des archives siennoises, analysés et publiés par Macchetti, permettent d’esquisser la carrière de l’orfèvre émailleur siennois. En 1291, il cisela pour «les neuf seigneurs» la matrice d’un sceau nouveau pour laquelle il reçut douze livres (Archivo di Stato di Siena. Biccherna. Libro del camarlingo , 1291-1292); cette commande est renouvelée en 1292; puis en 1294, 1298 et 1318. En 1311, il est inscrit à la corporation des orfèvres siennois (Thieme-Becker, Allgemeines Lexikon der bildenden Künstler , t. XV, 1922).

Guccio di Mannaia inaugure, sur ce calice, un nouveau procédé: celui de l’émaillerie translucide sur argent de basse taille ou basso rilievo , cette sculpture mêlée à la peinture, comme la définira plus tard Vasari, destinée à faire pendant deux siècles la gloire des ateliers toscans du Trecento et à conquérir tous les ateliers d’émaillerie européens jusqu’à la fin du Moyen Âge (cf. M.-M. Gauthier, Émaux du Moyen Âge occidental , Fribourg-Paris, 2e éd., 1973). Les soixante-dix-huit chatons émaillés de diverses formes qui s’élèvent, par rangs de huit, du socle à la tige, au nœud et jusqu’à la coupelle du calice sont donc les incunables de cet art, qu’on peut dater de 1288 à 1292. En effet, le pontificat de Nicolas IV, franciscain, ne dura que quatre années. Dès 1298, les archives du couvent de San Francesco mentionnent que ce pape avait concédé une indulgence de quarante jours pour les messes célébrées avec ce calice (calex argenteus et inauratus pretiosis laboris donatus a Papa Nicolao IV ).

M.-M. Gauthier a récemment proposé (op. cit. ) d’attribuer à l’atelier de Guccio di Mannaia, pour son style, deux médaillons conservés au Louvre (O.A. inv. 2011). Une plaque ronde, de cuivre champlevé, incrustée d’émail rouge et bleu nuit, figure sainte Élisabeth de Hongrie en tertiaire franciscaine; une autre plaque ronde, de même procédé, figure un abbé (Louvre, O.A. MR 2862). De ces émaux, on ne saurait dissocier un médaillon émaillé avec saint Antoine, à Berlin, et une plaque rectangulaire avec la madone entre saint Pierre et saint Paul, au musée national du Bargello à Florence, auparavant regroupés avec les médaillons figurés du calice d’Assise et rapprochés d’une dalle de marbre incrustée de mastic noir, à l’église San Pellegrino alla Sapienza de Sienne, par I. Hueck («Una crocifissione su marmo [...] e alcuni smalti senesi», in Antichità viva , t. I, 1969).

Le style de Guccio di Mannaia se maintint à Sienne pendant près d’un demi-siècle, comme en témoignent certains émaux dus aux associés d’Ugolino di Vieri, en 1338, et les médaillons du calice du musée de Princeton, exécuté vers le milieu du XIVe siècle.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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